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En janvier 2020, j’inaugurais une série de chroniques intitulée Retour vers le futur, afin d’éclairer notre présent à la lumière des grands cycles économiques. Deux mois plus tard, la pandémie de Covid 19 venait brutalement valider cette intuition, en rappelant combien l’Histoire peut basculer sans prévenir.
Les épisodes suivants ont accompagné une période marquée par les ruptures : crise sanitaire, retour de l’inflation, tensions géopolitiques, fin de l’argent gratuit. Aujourd’hui, un constat s’impose : nous avons changé de monde.
La publication récente d’un rapport prospectif américain (The 2028 Global Intelligence Crisis du cabinet Citrini Research), qui a mis le feu dans le monde économique, apporte un éclairage saisissant. Le sujet : que devient notre organisation économique, sociale et géopolitique lorsque l’intelligence cesse d’être un facteur rare, sous l’effet de l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle ?
Après deux décennies d’illusion d’abondance – mondialisation sans frein, endettement massif, politiques monétaires ultra-accommodantes – nous entrons dans une ère plus exigeante. Le capital redevient rare, la productivité redevient centrale, et la technologie agit comme un accélérateur historique, comprimant en quelques années des transformations qui prenaient autrefois des décennies.
L’intelligence artificielle, la robotique, l’automatisation et les biotechnologies redessinent déjà les contours du travail, de la production et de la création de valeur. Ce bouleversement fragilise certains modèles, mais ouvre surtout des perspectives immenses dans la santé, l’industrie de pointe, l’énergie, l’éducation et la transition environnementale.
Comme toujours dans l’Histoire, la destruction créatrice précède la renaissance. Malgré les incertitudes et le pessimisme ambiant - encore attisés par la guerre commencée ce week-end au Moyen-Orient - je reste convaincu que nous entrons dans un nouveau cycle long d’innovation et de croissance. À condition d’accepter l’instabilité comme un passage obligé.
Dans ce contexte, investir ne consiste plus à chercher du rendement facile. Il s’agit de comprendre les grandes mutations en cours, d’anticiper les ruptures, de diversifier intelligemment et de piloter son patrimoine avec lucidité.
Plutôt que de craindre le changement, apprenons à le comprendre. C’est en l’acceptant que l’on cesse de le subir.
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